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Thursday, April 28, 2011

Livres - L'amant caché d'Edith Piaf

Entre novembre 1951 et septembre 1952, Edith Piaf écrira beaucoup au champion cycliste Louis Gérardin pour qui elle voue un amour immodéré. Crédits photo : STEPHANE DE SAKUTIN/AFP.
Entre novembre 1951 et septembre 1952, Edith Piaf écrira beaucoup au champion cycliste Louis Gérardin pour qui elle voue un amour immodéré. Crédits photo : STEPHANE DE SAKUTIN/AFP.

Autant que Marcel Cerdan, cet homme-là lui fit tourner la tête: pendant un an, dans le plus grand secret, la M?me se consuma pour le champion cycliste Louis Gérardin. En témoigne une explicite correspondance amoureuse récemment mise au jour.

C'est l'histoire d'un homme qui tourne en rond et d'une femme qui déraille. Lui s'appelle Louis Gérardin, dit Toto, ancien dessinateur chez Renault, fou de vélo sur piste, champion du monde amateur de vitesse en 1930, passé pro, multiple champion de France, un cador du Vélodrome d'Hiver. Elle, c'est Edith Gassion, dite Piaf, petite reine mondiale de la chanson fran?aise, qu'on ne présente plus au moment de leur rencontre, fin 1951. A 36 ans, elle a déjà chanté l'Hymne à l'amour et C'est d'la faute à tes yeux. Rayon hommes, on ne compte plus ses trophées: Paul Meurisse, Yves Montand, Eddie Constantine, etc. Des sparring partners comparés au boxeur Marcel Cerdan, disparu deux ans plus t?t dans un crash d'avion aux A?ores. Depuis, elle semble un peu groggy. Les rhumatismes articulaires justifient la morphine, la came légale. Son dernier béguin de circonstance, le pittoresque André Pousse, dit Dédé, pistard lui aussi, titi ultime plus tard abonné aux seconds r?les chez Audiard, lui a présenté son pote Toto, 39 ans, bien moulé, casque blond, deux billes bleues dans une bouille éternellement bronzée. ?Pas une super vedette?, d'après Jacques Marchand, ancien rédacteur en chef à L'Equipe, mais un ?monsieur qui soigne sa mise et ses mots?, qui sait parler à la presse, aux dirigeants, aux coureurs. Un milord, chromé. De quoi taper dans l'œil d'Edith qui débuta sur scène en 1935, au Vel' d'hiv' justement. Après la boxe, Piaf fait dans le vélo. Des sports aujourd'hui très en baisse à la bourse du glamour, mais dont les champions d'après-guerre faisaient figure de héros, redorant le moral et la vitrine d'un pays honteux depuis l'Occupation. ?Cerdan allait battre les Américains chez eux. Louison Bobet, c'était le jeune qui sortait du maquis. Ils ramenaient la fierté. C'était la nouvelle France?, résume Jacques Marchand. C'est l'époque où Antoine Blondin débute ses chroniques à L'Equipe, où Roland Barthes consacre un texte aux ?surnatures? du Tour de France pour ses Mythologies. Au Vel' d'hiv', pendant les Six Jours de Paris, on ne parle plus de rafle, on saucissonne, on s'encanaille. Les cagnas, ces vestiaires où les pistards se font masser derrière un rideau, font fantasmer. Des starlettes donnent le départ et allongent la prime aux vainqueurs.
?a roule aussi pour Edith et Toto. Elle va beaucoup lui écrire entre novembre 1951 et septembre 1952. Une correspondance inédite mise aux enchères chez Christie's en 2009, publiée aujourd'hui sous le titre Mon amour bleu(1). Piaf démarre sec: ?Je t'aime de toute la force de mon ame de mon cœur et de ma peau, il n'y aura rien derrière toi, je veux que tu sois l'unique!? Ame, cœur, peau. La trinité piafienne déclinée sur des pages de cahier d'écolier, criblées de ?mon adoré?, ?mon ange?, ?m'amour bleu?, ?moi!?, ?je suis toi!?, ?toi! toi! toi!!!? Au diable les virgules, les nuances. C'est l'hémorragie, stoppée aux points d'exclamation. Sidérants exercices de ?ventriloquie fusionnelle ?, comme le note Cécile Guilbert dans une préface toujours pénétrante. Très chaude, la star n'en peut plus des ?belles cuisses? et des ?jolies fesses? à Toto, ?aucun homme ne m'a prise autant que toi?.
D'où le bêlement orgastique:
?Je t'aimmmmmmmmmmmmmmmme!?, seize ?m?. Le ?m? de la mort, car quand les amants sont séparés, elle compte les jours, les heures, se meurt. ?Tout est sinistre?, c'est le ?gouffre?. Ses lettres se doublent alors de télégrammes, de coups de fil compulsifs. On n'ose imaginer Edith au temps du SMS.

Cerdan et Gérardin, même combat

Ces litanies de ?folle? suscitent un vague malaise, accru par un air de déjà-lu. Piaf s'épanchait pareillement auprès de Cerdan, dans le même registre de l'amour éperdu, possessif et mendiant (2). Cerdan et Gérardin, même combat, mais la prime au vivant, puisqu'elle a ?enlevé la photo de Marcel?. Qu'en dit Toto? On n'a pas ses lettres. D'ailleurs, il n'a rien d'un fortiche épistolaire (?Tu ne m'écris jamais!?), mais entre les lignes de la chanteuse, on le devine parfois décontenancé ou exaspéré par le forcing sentimental et la dégaine de l'exaltée mal attifée. Jacques Marchand, qui a bien connu Cerdan et Gérardin, se souvient que le second restait discret et qu'on ne le questionnait pas: ?Il disait seulement: "Excusez-moi, j'ai rendez-vous avec Edith", c'est tout. Cerdan parlait beaucoup plus de Piaf.? Et posait en photo avec elle, alors que Toto ?ne s'affichait pas?.
Il faut dire que les choses sont compliquées. Au début, Gérardin s'installe chez Piaf dans son appartement de Boulogne. Mais bient?t déboule un inspecteur qui perquisitionne. Piaf est accusée de recel de lingots d'or, de coupes de champion et d'une fourrure. Furieuse de voir son mari déserter le domicile conjugal en emportant des souvenirs, la femme de Gérardin a porté plainte. Ces épouses à diminutif ! Après Marinette Cerdan, voilà Piaf dans le collimateur de Bichette, pour un forfait imaginaire (3). Si l'affaire se tasse, le coup porte. En janvier 1952, Gérardin rejoint la chanteuse en tournée à Lille et lui annonce qu'il retourne chez Bichette. Edith encaisse, s'accroche. Sans Toto, son dernier espoir d'une vie ?saine?, elle court ?vers la catastrophe?, elle a ?tant envie de vivre normalement?, à 36 ans. Elle les imagine dans une maison avec ?de beaux draps, de beaux services de table?, des ?porte-manteaux en biais (enfin je me comprends)?; il aura ses ?housses? et ?un placard à chaussures avec tous les ustensiles pour les cirer?. Elle a même prévu une ?petite pharmacie?, utile aux chanteuses détraquées et aux cyclistes intensifs.
Alors qu'elle l'appelle son ?ma?tre?, qu'elle s'excuse de son col tenu par une épingle, qu'elle troque ses pages de cahier pour du ?beau? papier à lettres et qu'elle va jusqu'à lui confier la gestion de ses comptes détaillés, on apprend au détour d'une missive que Gérardin lui reproche de ?trop commander?. Bien vu, Toto. Le don oblige. Piaf donne tout, mais elle veut tout aussi. Tout ce qu'elle a perdu: un père, Louis Gassion, qui fut sa ?seule famille?, que Toto doit évidemment ?remplacer?; et, bien s?r, un enfant (sa petite Marcelle, qu'elle avait délaissée, est morte de méningite à 2 ans, en 1935). Ce ?petit être?, elle le désire ?par-dessus tout?, ?absolument?, de Gérardin. Fusion donc, mais fusion-acquisition. De quoi faire réfléchir le pistard, coincé entre le cannibalisme de l'artiste dézinguée et les soup?ons de Bichette, qui le fait filer par un détective. Ses résultats sportifs en patissent, il pédale dans la semoule, gros blanc dans son palmarès en 1952. Il veut s'échapper.

Encore une histoire

La fin de l'histoire n'étonnera que les na?fs, où l'on ne compte pas Cécile Guilbert, qui se demande à raison si la racinienne des faubourgs n'a pas surjoué la romance. En juin 1952, Edith attend toujours Toto ?comme le messie? et signe encore: ?Ton petit bout à toi tout seul!? Trois mois plus tard, l'air a changé; de New York, elle lui apprend son mariage avec le chanteur et parolier Jacques Pills. Elle ne va pas jusqu'à lui parler de la présence de Marlène Dietrich à la noce, mais elle le recadre gentiment: ?Je t'ai averti mille fois que tu allais me perdre, mais tu n'as jamais réagi, alors ce qui devait arriver est arrivé; c'est qu'à force de vivre près de quelqu'un qui est tendre, gentil et plein d'attentions on se laisse prendre et je dois avouer que j'aime sincèrement Jacques!? Comment l'a pris Toto? S?rement comme le dit Jacques Marchand: ?Gérardin était assez intelligent pour savoir qu'il avait eu sa place dans la liste, son tour de gloire.? Sa carrière de coureur s'achève à la fin des années 50 (devenu entra?neur national, il placera sur orbite Daniel Morelon et Pierre Trentin, collectionneurs de records du monde et de titres olympiques dans les années 60-70). Une photo montre Toto aux Six Jours de Paris en 1958, bouffé des yeux par la starlette Michèle Mercier, qui ressemble à Monica Bellucci. Cette année-là, Edith, divorcée de Pills et sans enfants, serre de près un autre parolier. Un éphèbe de 24 ans. Il est marié et père d'une petite fille, il lui a écrit Milord. Il s'appelle Georges Moustaki. Encore une histoire.
(1)Mon amour bleu. Lettres inédites, d'Edith Piaf, préface de Cécile Guilbert, Grasset, 197p., 17€.
(2) Moi pour toi. Lettres d'amour, d'Edith Piaf et Marcel Cerdan, Le Cherche-Midi, 2002.
(3) Rapporté par Pierre Duclos et Georges Martin dans leur biographie Piaf, Le Seuil, 1993, rééditée en collection Points.

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Thursday, April 21, 2011

Patricia Cornwell, une reine du crime opposée à la peine de mort

Longtemps favorable à la peine de mort et proche des Républicains, Patricia Cornwell a évolué. "Je trouve le Tea Party terrifiant, c'est un mouvement discriminatoire, raciste. Je ne veux pas que notre démocratie se transforme en théocratie", souligne l'auteur de 54 ans, qui met de nouveau en scène la célèbre médecin légiste Kay Scarpetta dans son dernier livre, publié aux éditions des Deux Terres.
"J'aime bien le président Obama, mais comme tout le monde je suis dé?ue. C'est vrai que le contexte économique, les guerres à gérer, tout cela est difficile...", reconna?t-elle.
"Je suis contre la guerre, mais loyale envers notre armée, comme mon héro?ne", confie l'écrivain à l'AFP. Dans "Le Havre des morts", le Dr Scarpetta, qui est la narratrice, se forme aux techniques révolutionnaires de l?autopsie virtuelle sur l?unique base aérienne militaire américaine qui re?oit les soldats morts au combat.
L'auteur a étudié ces technologies de pointe sur cette base aérienne.
Quant à la peine capitale, "j'ai rencontré plusieurs condamnés dans le couloir de la mort, notamment une femme dans le Tennessee cet été, assisté à des exécutions...", relève Patricia Cornwell. "Cela, et les erreurs judiciaires révélées par les tests ADN, m'a fait réfléchir". La peine de mort, "c'est de la vengeance et de la haine, ce n'est pas le r?le de la société", estime-t-elle.
"Je n'apprécie pas non plus (la cha?ne de télévision conservatrice) Fox News. D'ailleurs, ils ne m'aiment pas non plus !", sourit-elle.
La romancière est l'épouse d'une neurologue réputée depuis l'autorisation des mariages homosexuels en 2004 dans le Massachusetts.
"Je n'envisage pas spécialement de créer un héros qui serait gay, il y a déjà dans mes romans le personnage de Lucy, la nièce du Dr Scarpetta", souligne-t-elle.
La romancière, née le 9 juin 1956 à Miami, en Floride, chroniqueur judiciaire puis informaticienne au bureau du médecin légiste de Virginie, s'est lancée en 1990 dans le roman policier avec "Postmortem".
Depuis, elle encha?ne les best-sellers et dissèque victimes et "modus operandi" de tueurs psychopathes. Elle a inspiré de nombreuses séries télévisées à succès, où la police scientifique tient le premier r?le.
"Je suis fan de ces séries, avoue-t-elle, mais je ne peux pas rivaliser, il faut que j'offre autre chose à mes lecteurs".
Et le cinéma ? Le studio Fox a acquis en 2009 les droits des aventures du Dr Scarpetta avec l'idée de lancer une série de films comme les "Bourne". C'est Angelina Jolie qui devrait interpréter la médecin légiste.
"Le scénariste a été choisi, j'ai commencé à travailler avec lui", confie Patricia Cornwell. "J'ai aussi rencontré Angelina Jolie. J'étais très impressionnée. Elle ne joue pas les divas, elle est très intelligente, chaleureuse, très professionnelle. Elle a des idées sur l'interprétation du r?le, a écouté les miennes", raconte-t-elle. "J'espère que le projet aboutira".
La romancière a été décorée mercredi de l'insigne de chevalier des Arts et des Lettres, remis par le PDG d'Hachette Livre Arnaud Nourry au nom du ministre de la Culture Frédéric Mitterrand.

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Thursday, April 14, 2011

Raï N’B Night Fever

Comment passe-t-on de DJ qui tourne dans les soirées hip hop à organisateur d’un concert à Bercy, avec 15000 spectateurs espérés ? J’ai commencé à travailler dans le son il y a 10 ans, tout d’abord comme DJ aux c?tés de nombreux artistes comme Diams, Lunatic ou Rohff. Puis, il y a 6 ans, j’ai crée mon label, pour travailler sur de nombreux projets de hip hop fran?ais, avant d’écrire la BO du film ? Taxi 3 ? produit par Besson. Les choses se sont accélérées à partir de là. J’ai réinvesti dans un studio, une structure pour produire de nouveaux artistes. Je bosse aujourd’hui en famille, avec mon frère, Dj Bellek. Nous faisons la musique dont nous avons envie, un mélange de nos influences musicales : d’une part, ce qu’on entendait à la maison, du ra? notamment, d’autre part, ce qu’on entendait dans la rue, du hip hop, du RN’B, du dance hall… De là est né le premier volet de ? Ra? N’B Fever ? en 2004, qui a été un gros succès.
Vous préparez un concert à Bercy, c’est un gros défi ?
C’est un challenge, un vrai pari pour nous. On se prépare pour un gros concert le 7 mars à Bercy. Cette soirée, on la voit avant tout comme une grande fête. Il y aura 35 artistes sur scène, comme Khaled, Leslie, Amel Bent, 113, Amine ou Zahouania. Tous ont participé au projet ? Ra? N’B fever ?. Ce sera aussi l’occasion de mettre la lumière, je l’espère, sur une association qui nous tiens à c?ur, ? Le Comité des Familles ?, qui soutient des familles touchées par le VIH. Les bénéfices de cette soirée leur seront reversés.
Pas trop difficile de remplir Bercy ?
On a du mal à trouver des relais médias. Il faut toujours se battre alors que c’est un projet grand public. Quand Obispo ou Guetta montent des projets comme ceux-là, les médias se jettent dessus. Pour nous, c’est compliqué de créer une dynamique, un buzz, parce que les médias ne jouent pas le jeu de la même fa?on. Mais nous sommes conscients qu’il faut persévérer, être pertinents dans nos choix et activer d’autres réseaux pour faire passer l’info. C’est cela aussi notre défi. Seul Skyrock nous a suivis sur ce Bercy. Si on avait eu un gros média partenaire, comme M6 par exemple, on en ferait peut être deux ou trois d’affiler. Avec 35 disques d’or en trois ans, ce n’est pourtant plus un accident, mais rien ne change au niveau des médias, il faut toujours se battre pour décrocher une petite interview.
Le manque de relais médiatique que vous déplorez, vous le percevez comme de l’indifférence ou du mépris pour les genres musicaux réunis dans la ? Ra?’n’b fever ? ?
Je suis énervé contre un système qui ne reconna?t pas un succès populaire. Aujourd’hui, j’ai le sentiment de ne pas être prévu au programme, comme si notre réussite n’était en fait qu’un service qu’on nous rend. On ne nous reconna?t pas pour nos qualités, alors qu’on bosse sans rien lacher ! Salif Keita disait : ? Nous pas bouger ! ? Je sais que le travail et les compétences finissent toujours par payer.
Propos recueillis par Fethi Ichou

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Thursday, April 7, 2011

La course très « pop » des chats et des souris

Permettez-moi de commencer ce troisième épisode des chroniques vertes avec un conseil : lisez-là avec un fond sonore que vous trouverez sur Youtube : ? F… you Ahmadinejad ?. C’est le tube du groupe Archive sur des images du président iranien, avec juste deux ajouts : des images nocturnes d’une foule qui crie ? mort à la dictature ? au début, et un extrait au milieu du débat télévisé entre Ahmadinejad et Moussavi quelques jours avant les élections.
On y voit le candidat de l’opposition accuser son adversaire d’avoir ruiné les intérêts du pays durant son premier mandat, et ce dernier sourire avec l’arrogance que critique tant l’opposition. Le refrain n’est pas très élégant (f… you anyway), mais les paroles collent bien à l’humeur des manifestants anti-Ahmadinejad : ? Je ne peux pas croire que tu as été quelqu’un comme les autres, que tu as grandi, que tu es devenu le diable en personne (…) Maintenant le monde a compris qu’il est temps pour toi de dispara?tre, il n’y a pas de lumière dans tes yeux et ton cerveau est trop lent (…) ?a me rend malade, tout cette m… qui sort de ta bouche. ?
Cela vous donnera une idée sur le titre de cet épisode : et si le mouvement vert était une révolution pop ? Les indices à l’appui de cette hypothèse s’accumulent sur mon écran, en plus de la chanson de Nikelback dont je vous parlais la semaine dernière et de ce film ? Les chats persans ? que vous devriez tous aller voir.
La très sérieuse émission ? the week in green ? que je vous ai déjà signalée, passe désormais avant sa revue de l’actualité une séquence de guitare électrique qui invite les Iraniens à chanter ? Dieu est grand ? chaque soir sur leur toit, comme à la révolution de 1979. Vous verrez, il n’y a pas que les accords à la Pink Floyd et la descente de tambours sur la batterie. L’interview de la semaine, Mohsen Kadivar, vaut aussi la peine. Il explique quel r?le l’islam et le clergé peut encore jouer en Iran, du moment que la religion est pour l’instant prise en otage par le régime dictatorial soi-disant religieux. ? La solution, dit-il, c’est la république islamique, mais sans le Guide Suprême (Khamenei) qui est devenu autocratique et oppressif. A cette condition, l’islam a encore de l’avenir en Iran. ?
J’ai demandé à une amie de me traduire quelques blogs de manifestants pour comprendre leur état d’esprit. Voilà ce que cela donne – et c’est aussi assez pop : Marjan : ? En hommage à la révolution islamique, j’ai satisfait aujourd’hui une de mes vieilles rancunes. Lors d’une course de chat et de souris avec les bassidjis (volontaires islamiques), mon foulard a été arraché. J’ai couru dans les rues avec mes longs cheveux qui me battaient la nuque. J’ai couru dans les rues sans hedjab, en riant aux éclats, avec un sentiment intérieur de grand bonheur, malgré toutes les ecchymoses des coups que j’avais re?us. ?
Maryam : ? Nous avons ri, tout le monde riait alors que nous échappions aux bassidjis avec leurs matraques odieuses qui tournoyaient dans l’air, frappant tout ce qu’elles pouvaient au milieu des gaz lacrymogènes. Il y avait un sourire moqueur sur tous les visages, éclatant en rires hystériques à la première occasion. Un passant aurait pu se demander s’il s’agissait d’un mariage ou d’une manifestation. Les automobilistes klaxonnaient en rythme, guidés par un homme dressé sur une barrière et qui agitait les bras comme un chef d’orchestre. A l’arrière d’un bus, des femmes voilées de noir chantaient joyeusement et frappaient des mains. Il y avait comme une vague de joie et d’espoir – l’espoir d’une victoire à venir. ?
Maziar : ? On était au milieu de la rue Ghaem Magham. Je n’avais pas eu le temps de regarder toutes les jolies filles qui étaient là que ces batards de bassidjis sont arrivés avec leurs gaz lacrymogènes. Tout le monde a allumé une cigarette pour en dissiper l’effet. La TV nous balance des spots pour nous faire arrêter de fumer, alors qu’ils nous balancent des gaz lacrymogènes ! Je suis s?r que les importateurs de cigarettes et les importateurs de gaz travaillent main dans la main ! ?
Ali : ? Je courais, et la gazelle courait. Je courrais et la gazelle me courrait après. Il faut bien s?r que je vous dise que cette gazelle était un gros ane moche de bassidj, qui tenait une matraque à la main. Ah, si je pouvais savoir comment ils font pour que leur matraque incarne la religion. J’ai d’ailleurs pensé à m’arrêter de courir pour le lui demander, mais j’ai vu dans ses yeux l’étincelle de Kharizak (prison où des manifestants ont été violés, torturés et assassinés). Finalement, la matraque qui s’agitait juste derrière moi m’a dissuadé d’essayer de discuter. ?
Mandana : ? Je riais, riais encore, je riais comme une folle, je ne sentais aucune douleur des coups que j’avais re?us, je ne sentais ni mes mains ni mon dos, je ne sentais même pas mes pieds qui couraient, je ne pouvais que rire pour écarter la peur. ?
Bon, fini le rock’n roll, retour à la politique. A Téhéran, la tension monte d’heure en heure à l’approche du 11 février, jour anniversaire de la révolution islamique de 1979 et qui pourrait être le théatre des affrontements les plus spectaculaires depuis les cérémonies religieuses de la fin décembre. D’un c?té, l’opposition a multiplié les appels à descendre massivement dans la rue. Mehdi Karoubi (ci-contre), sur sa page Facebook, appelle ? tout le monde à participer pacifiquement aux défilés du 11 février ? et souligne que ? la constitution est un ordre que le peuple donne à ses dirigeants, et que si ces derniers se comportent comme des oppresseurs, ils doivent être destitués du pouvoir ?.
L’autre grand leader de l’opposition, Mir Hossein Moussavi, dit à quel point la révolution n’a pas encore atteint son but de liberté et de démocratie, dans une longue interview postée sur sa page Facebook et traduite en anglais par Khordaad 88 et le think-tank Enduring America. ? Dans les années qui ont immédiatement suivi la révolution, dit-il, les gens étaient convaincus qu’ils avaient éradiqué toutes les structures qui avaient imposé le despotisme et la dictature. Et je le croyais aussi – mais ce n’est plus le cas aujourd’hui. (…) La censure des journaux, le remplissage des prisons, les aveux extorqués sous la torture, le massacre brutal des innocents qui demandent pacifiquement que leurs droits soient respectés, tout cela montre que les racines de la dictature ont persisté. (…) Je conseille aux partisans du mouvement vert de descendre dans la rue mais de limiter les moyens d’être identifiés. ?
Le régime, de son c?té, multiplie les arrestations pour tenter de dissuader les manifestants verts de se montrer le 11 février. Pour la seule journée de jeudi 4, ont été embastillés l’écrivain et essayiste Omid Mehregan, le leader étudiant Maziar Samiee (photo du haut), la journaliste Noushin Jaffari, tout comme un autre responsable de la campagne électorale de Mehdi Karroubi (opposition), le rédacteur en chef d’un hebdomadaire à Kermanshah et des dizaines d’autres dont les noms n’ont pas encore fait surface sur Internet. Le journaliste Javad Maherzadeh a été condamné à quatre ans de prison.
Mais surtout, après les deux exécutions de la semaine dernière, le procès des manifestants arrêtés fin décembre se poursuit, afin de renforcer l’atmosphère de terreur. Neuf sur seize sont déjà condamnés à mort, leur exécution ne serait qu’une question d’heures. L’un des accusés a avoué jeudi son crime : avoir crié ? mort à la dictature ? et ? Dieu est grand ? dans la rue. Dans un autre tribunal, deux femmes sont accusées d’avoir porté une banderole disant ? Je suis Neda ?, du nom de la jeune fille tuée par un bassidj en juin dernier, devenue une ic?ne de la protestation.
Par ailleurs, les troupes du régime attaquent les mosquées des religieux qui ne leur plaisent pas, comme celle de Qoba, au centre de Shiraz, où des familles de martyrs de la guerre avaient organisé une cérémonie pour leurs disparus. Tout cela force les uns et autres à choisir leur camp. 80 intellectuels et activistes des droits de l’homme ont publié un communiqué appelant à manifester le 11 février et dénon?ant la ? violence nue ? du gouvernement. Mehdi Karroubi, membre du clergé, a lancé un appel aux autres religieux à ? venir en aide au peuple avant que toutes ces atrocités soient attribuées à l’islam, au chiisme et au clergé ?. Il a en tout cas été écouté par l’ayatollah Bayat Zanjani, qui a rejoint le mouvement vert, en estimant que l’armée ne doit plus se mêler de politique et que ceux qui ? luttent contre Dieu ? (mohareb, l’accusation qui vaut aux manifestants leur condamnation à mort), ne sont pas les protestataires pacifiques mais les bassidjis qui les frappent jusqu’au sang.
Pendant ce temps, le président tente de rétablir la confiance internationale envers le programme nucléaire iranien en évoquant soudain la possibilité d’enrichir en Turquie une partie de l’uranium dont l’Iran a besoin. Cette idée intervient après d’innombrables tentatives soutenues par toute la communauté internationale pour que cela se passe en Russie, projet que l’Iran avait fini par rejeter.
Pourtant, les dernières analyses américaines ont conclu que les troubles intérieurs avaient considérablement freiné le programme nucléaire et qu’il allait désormais s’écouler deux ou trois ans avant que l’Iran dispose d’assez de matériel fissible hautement enrichi pour en équiper la tête nucléaire d’un missile. Conclusion : c’est au mouvement vert, plut?t qu’au yellow cake, que tout le monde est désormais suspendu. Et les événements attendus le 11 février seront un indicateur décisif de sa force de mobilisation. Prochain épisode, vendredi 12 !

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Friday, April 1, 2011

C’est un jardin extraordinaire

Bondy, c’est une commune marquée par l’ordinaire. Pour ceux qui ne la connaissent pas, c’est 53 611 Bondynois, une gare RER, plusieurs cités HLM en ? ANRU-structuration ?, beaucoup de petits pavillons, les courbes de l’échangeur de l’autoroute A3, les légumes frais de l’AMAP, 2 lycées, 3 collèges, un Bondy Blog, l’histoire d’un grand domaine forestier ? le bois de Bondy ? qui n’est plus à Bondy, un maire qui tient la rose rouge dans sa main. On est en Seine-Saint-Denis, à 9 km au nord-est de Paris. Et je crois que c’est là que tout commence vraiment.
Parce que l’histoire de Bondy, c’est celle d’une ville de banlieue. Au centre du système urbain, il y a Paris. Cette grande dame aime à s’étirer allégrement ; et régulièrement elle incorpore ses faubourgs, se construit une nouvelle enceinte, marque une pause et puis recommence. Et est-ce que c’est bient?t fini cette histoire ? S?rement pas !
Aujourd’hui, à l’aube du projet du ? Graaaaand Paris ?, une nouvelle limite doit être créée et elle pourrait bien s’appuyer sur la rocade A86. On peut dire que c’est le boulevard parisien à l’échelle métropolitaine. Cette autoroute fr?le Bondy sur son flan ouest. Il se pourrait alors que d’un seul coup de rein elle laisse la ville en dehors de ce nouveau c?ur d’agglomération. Ainsi Bondy reste encore banlieue, même du grand Paris.
Mais ne nous contrarions pas de cette éventualité ! Pourquoi ne regarderions-nous pas Bondy d’un nouveau point de vue que celui d’une ville en gravitation autour d’un centre ? Retournons-nous. Que voit-on de l’autre c?té ? Villevaudé à 10 km de Bondy, 193 habitants au km2 (9746 hab/km2 pour Bondy), des étendues de champs céréaliers, ses étangs et forêts, des routes bitumées sans trottoirs ni éclairage public, des lieux-dits et des hameaux : la campagne.
Bondy se trouve dans une position bien spécifique, entre deux paysages. C’est en ?a qu’il s’agit d’un territoire privilégié. Si le périurbain, ce que j’appelle ici la banlieue, est présenté comme la ville à laquelle il faudrait renoncer, car insoutenable, ne pourrait-elle pas se poursuivre autrement, avec une éthique écologique qui lui fait défaut aujourd’hui, et devenir l’espace singulier et exemplaire où cohabitent l’urbain et la nature ?
J’ai imaginé Bondy, ainsi que les autres territoires qui ont cette position charnière, composé d’un paysage hybride. Des espaces de nature qui parcourent la ville, qui traversent sans discontinuité l‘environnement bati, et qui connectent toutes les formes d’espaces verts existants. Une banlieue verte, au r?le structurant, qui encadre la ville dense de la métropole et fait le lien avec les régions rurales environnantes.
Cette nouvelle stratégie de paysage questionne différents points. Il y a celui de la biodiversité. Si l’on veut continuer de cohabiter avec les autres êtres vivants, il est vital de restituer à nos villes une dimension naturelle et arrêter d’opposer ville et campagne comme s’il y avait incompatibilité. Il faut aussi penser le paysage en termes de revendication citoyenne, car il présente un grand nombre d’avantages. Il offre des espaces pour le loisir, pour des activités récréatives, pour articuler la ville.
N’oublions pas enfin que la nature, c’est aussi la terre nourricière. Il faut envisager des espaces libres pour l’agriculture urbaine et proposer aux habitants d’agir eux-mêmes sur le sol, qui deviendrait alors producteur de richesses. C’est autant une contribution à la réduction de l’importation des aliments et donc à la consommation d’énergie qui en dépend, qu’un moyen fabuleux de cohésion sociale à travers le jardinage, qu’une fa?on de renouer avec le cycle des saisons. Tenez ! Faisons le test : quelqu’un sait-il quand les graines d’artichaut sont semées ?
Mais comment mettre en place ce principe d’intrusion de la nature dans l’univers urbain ? Il ne s’agit pas de détruire la ville, ni d’effacer le tissu urbain, mais davantage de l’infiltrer ou de superposer une nouvelle couche ? paysagive ? à l’existant. Regardons Bondy par le vide et voyons où sont les lieux du possible.
Il y a les lieux inexploités, déjà livrés à la nature que sont les dessous et les abords de l’autoroute A3/A86 et des voies ferrées. Ils sont déjà à considérer comme des niches écologiques, car ils abritent par endroit une végétation ? pionnière ?, riche et sauvage. Et il serait formidable qu’ils participent à l’organisation de la ville en se rendant accessible. On pourrait s’y promener à pied ou à vélo. Il y aurait un énorme centre agricole avec des jardins mara?chers et des serres, on y planterait des arbres des plus belles espèces et des arbres fruitiers pour faire les cueillettes ensemble et faire des confitures. Et puis dans le centre pédagogique, on apprendrait aux enfants à faire des boutures et à utiliser la bêche, la binette et la brouette.
Dans un autre registre, il y a les ? grands ensembles ?. Aujourd’hui, ce sont beaucoup d’espaces engazonnés, complètement gelés par l’entretien et les restrictions auxquels ils sont soumis. Mais je suis convaincue qu’ils conservent en eux le potentiel d’une nature vivante et heureuse. Autorisons-nous le droit de rêver à une agriculture poétique, une cité vivable et enviable, une banlieue qui serait un immense jardin à partager…
Jessica Houssin

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